Archives de décembre 2007
Impatience
Mercredi, ça fera trois semaines que je ne me suis pas lavée la jambe droite… Après mercredi, j’aurai encore une semaine et un jour à tenir avant de voir à quoi ça ressemble, en dessous. C’est une vraie expérience, quoi ! Jamais, depuis que j’ai été en âge de m’épiler, je n’ai tenu si longtemps sans empoigner le premier rasoir qui passait.
“Loulouuuute, tu te serais pas servie de mon rasoir, il est tout abîmé”.
Il est temps de m’éclipser…
Paresse
Aujourd’hui je suis de meilleure humeur que les jours précédents car je sais que ce soir je sors. Je vais prendre un taxi pour traverser Paris et parvenir tant bien que mal à ma destination. Ce soir je vais voir des gens, des hommes et des femmes, des gens que je ne connais pas, d’autres que je connais peu et bien que j’en sois contente, j’appréhende un peu. Ca fait plus d’une semaine que je ne suis pas sortie de chez moi. Pas même pour acheter un paquet de clopes. Ca fait plus d’une semaine que je sautille pour me déplacer car mes béquilles m’encombrent. Ca fait quelques jours que je me coupe totalement du monde extérieur en n’écoutant, ne visualisant, n’écrivant, ne lisant plus rien ou presque et en fumant des pétards à longueur de journées.
C’est étrange cette inclinaison que j’ai pour les pétards quand je suis désoeuvrée. Ca me replonge dans une période antérieure de ma vie, ça me rappelle comme ma vie sociale était pauvre alors, et comme j’étais terrorisée à l’idée de rencontrer des gens, à l’idée de leur faire une mauvaise impression, de me rendre ridicule.
Aujourd’hui la vie me semble plus facile. Sans doute parce que je n’ai pas fumé. L’envie revient, celle de m’occuper, de profiter de ce temps qui m’est donné pour me remettre à lire, écouter, regarder, m’instruire.
Question existentielle du jour #1
Si le bruit de la perceuse dehors vous rend dingue, vaut-il mieux selon vous :
- fermer les fenêtres pour minimiser ridiculement le bruit et vous asphyxier dans votre propre fumée de cigarette
ou
- subir le vacarme et fumer davantage parce que ça vous tape sur les nerfs ?
Solitude et découvertes
Me voici à nouveau seule en compagnie du chat. Il m’est quasiment impossible de sortir, je ne m’y risquerais pas seule. Dehors, tout près, quelqu’un fait des travaux et doit utiliser une perceuse à percussion, ou peut-être un marteau piqueur. Je ne sais pas, ça fait un bruit très fort. Un bruit qui dure et s’étire, je crains qu’il ne cesse jamais.
Ma vie retrouve son indolence depuis que je suis plâtrée. La première semaine j’ai aimé jouer à la malade, être une petite princesse quand il rentrait le soir, recevoir des fleurs et autres colis facétieux. Maintenant je suis fatiguée de ne rien faire, alanguie allongée, image d’Epinal d’un ancêtre Romain. A défaut de raisin je mange des clémentines et je fume des pétards à la queue-leu-leu.
J’en profite pour lire le dernier Despentes, King Kong théorie, et je ne suis pas insensible à son propos, même si je ne suis pas d’accord avec toutes ses affirmations. Je comprends mieux ce qu’est le féminisme, moi qui l’avait toujours méprisé sans même l’envie de savoir. Car ce livre on me l’a offert. Je suis gâtée depuis mon accident.
La langue au chat
Mes doigts dégagent une forte odeur de résine alors que je roule mon pétard.
Savez-vous pourquoi ?
Introduction
Je tourne autour du pot pour commencer ce blog. Quelle sera mon image d’en-tête ? Quelle utilisation vais-je en faire ? Pour qui, pour quoi ? Pour moi. Un blog anonyme, un blog pour pouvoir dire tout ce qui me passe par la tête, aussi crûment et durement que les choses peuvent se formuler quelquefois dans mon esprit, aussi dégoulinantes et stupides, aussi. Un blog où je n’ai pas besoin de me censurer, quelque chose qui me ressemble sans doute davantage que ce que j’ai à côté.